L’hystérésis est deux fois plus grande que la graduation, et c’est elle qui détermine comment vous devez déplacer la pointe

Publié le 24 août 2026 à 13h09

Sur la fiche technique d’un comparateur à levier, la plupart des lecteurs retiennent deux chiffres : la graduation et la précision. Le troisième chiffre — l’hystérésis — est presque toujours ignoré, alors que c’est lui qui détermine la manière dont l’instrument doit réellement être utilisé.

L’hystérésis est la différence de lecture selon le côté d’où le palpeur s’est approché du même point. Sur ce comparateur, elle est au maximum de 0,004 mm, alors que la graduation est de 0,002 mm. Autrement dit : si l’on inverse le sens du mouvement, l’aiguille peut se retrouver décalée jusqu’à deux graduations, sans que rien ne se soit passé au niveau de la pièce.

Comparateur à levier Peacock horizontal avec graduation de 0,002 mm et palpeur en carbure de tungstène

De quoi s’agit-il

Un comparateur à levier horizontal de Peacock, de type à palpeur pivotant.

  • Plage de mesure 0,28 mm, graduation 0,002 mm, numérotation du cadran 0-140-0
  • Précision ±0,005 mm, hystérésis max 0,004 mm
  • Force de mesure inférieure à 0,3 N
  • Cadran Ø35 mm, fixation à queue d’aronde Ø6 mm
  • Palpeur en carbure de tungstène Ø2 mm, filetage M1,7, longueur d’insert 17,94/14,33 mm
  • Étui plastique avec certificat de mesure du fabricant inclus

Le problème qu’il résout

La conséquence de l’hystérésis est une règle de travail, pas un problème : approchez-vous toujours du point de mesure du même côté. Si l’on règle le zéro en amenant le palpeur vers l’intérieur, chaque lecture ultérieure doit également se faire avec le palpeur en mouvement vers l’intérieur. C’est la même discipline que celle qui s’applique au jeu d’une vis de machine, et elle ne coûte rien à respecter — mais celui qui ignore ce chiffre ne sait pas non plus qu’elle est nécessaire, et se demande plutôt pourquoi deux mesures de la même surface diffèrent de quelques millièmes.

Lors du balayage d’une surface, c’est particulièrement important. Si l’on balaie une pièce dans les deux sens pour trouver le point le plus haut, le palpeur change de direction à chaque inversion, et une partie de la dispersion observée provient alors de l’instrument plutôt que de la pièce. Si l’on balaie au contraire systématiquement dans un seul sens et que l’on relève le palpeur pour revenir, cette part disparaît.

La force de mesure inférieure à 0,3 N est la véritable particularité du comparateur à levier. Un comparateur classique appuie avec plusieurs newtons — suffisamment pour fléchir une pièce fine, déplacer une pièce peu serrée ou comprimer une surface en caoutchouc. Un comparateur à levier touche la pièce si légèrement qu’il peut être utilisé sur de la tôle mince, sur des pièces souples et dans des montages qui céderaient autrement sous l’effet de la mesure elle-même.

Le carbure de tungstène sur le palpeur n’est pas un luxe mais une nécessité. Contrairement à un comparateur classique, dont le palpeur est enfoncé verticalement, celui du comparateur à levier glisse sur la surface lorsque la pièce défile. Il s’use donc en permanence, et un palpeur usé modifie à la fois la géométrie de contact et le point zéro. Le carbure lui permet de conserver sa forme au fil des années d’utilisation.

Trois cas d’usage typiques

  • Alignement en machine : centrage et contrôle de faux-rond, où l’instrument doit pouvoir accéder à des positions étroites avec une faible force.
  • Contrôle de planéité et de parallélisme : balayage de surfaces par rapport à une référence fixe.
  • Travail de montage/outillage : réglage de butées et de capteurs de position, où une graduation de 0,002 mm est nécessaire et où la pièce ne doit pas être déplacée par la force de mesure.

Pourquoi cela en vaut la peine

Un instrument avec une graduation de 0,002 mm ne vaut, en pratique, sa graduation que si l’utilisateur sait comment le manier. La différence entre mesurer dans le sens du mouvement ou à contre-sens n’est pas une subtilité théorique — elle est de l’ordre de deux graduations, c’est-à-dire exactement la résolution pour laquelle l’instrument a été acheté.

Le fait que le certificat de mesure du fabricant soit fourni complète le tableau : les chiffres de la fiche technique ne s’appliquent alors plus seulement au modèle, mais à l’exemplaire précis qui se trouve dans l’étui. C’est cette différence qui permet de consigner une lecture dans un protocole, plutôt que de simplement s’en servir comme base d’une décision.

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